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Un enfant/adolescent sur trois est victime de harcèlement scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles. Et face à ce phénomène contre lequel les écoles peinent à trouver des solutions, une méthode finlandaise semble porter ses fruits.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, 1 enfant sur 3 est impliqué dans une situation de harcèlement scolaire. De nombreux établissements tentent de lutter contre ce phénomène, notamment via la méthode KiVa, qui vient de Finlande. L'idée est d'impliquer tous les acteurs dans la discussion : harceleur, victime, témoin, parent, enseignant...
Depuis son instauration en 2006 en Finlande, elle a permis de diminuer de 20% les comportements de harcèlement. La Fédération Wallonie-Bruxelles l'a importée en juillet 2023 et plusieurs dizaines d'écoles y ont recours.
Le harcèlement plus permis ni valorisé
Dans cette approche du phénomène, les témoins de harcèlement jouent un rôle important. "Le levier principal, ce sont les témoins, explique le spécialiste. On va créer une ambiance où le harcèlement n'est plus permis et n'est plus valorisé. Les harceleurs vont être dans des situations où ils se disent : 'Avec les comportements que je pose, je ne gagne plus de popularité', et donc, souvent, le harcèlement va réduire".
Bien sûr, le harceleur va être vu individuellement afin d'être sensibilisé sur les comportements à ne plus adopter, mais c'est en groupe que le plus gros du travail va être effectué.
Depuis son instauration en 2006, ce programme a déjà réduit le harcèlement de près 20% dans le pays scandinave.
"En Finlande, le programme est associé à une réduction du harcèlement, explique encore Charlie Devleeschouwer. Donc ça veut dire qu'après un certain moment, on observe une réduction des comportements de harcèlement. Et c'est aussi important de voir qu'il y a une réduction, mais aussi que de nouveaux cas de harcèlement n'apparaissent plus".
"On a prise sur le harcèlement"
"Le verre à moitié plein, c'est de dire qu'on a prise sur le harcèlement, qu'on peut faire quelque chose pour le diminuer. Le verre à moitié vide, c'est de dire que, malgré le meilleur programme qu'on met en place, il y a toujours des cas qui persistent. Ça permet de dire aussi que c'est un phénomène assez complexe. Et donc, on n'observe pas encore de programme qui annule tous les cas de harcèlement", poursuit-il.
Ce doctorant, spécialiste du programme KiVa, a constaté qu'on pouvait dessiner deux profils de harceleur, sur base de ses observations.
"Souvent, les harceleurs sont motivés par du désir de ce qu'on appelle 'dominance sociale en recherche', donc d'avoir une place très importante et parfois, d'être un peu craints dans les classes et dans les écoles. Il faut quitter l'image des harceleurs qui sont des brutes épaisses qui n'ont aucune empathie et qui sont à la limite du psychopathe. Les profils sont très différents, mais ce qu'on voit souvent, ce sont des élèves qui sont juste à la recherche de se faire une place dans le groupe, et qui utilisent des stratégies pas très adaptées pour, par exemple, dire une blague devant tout le monde, se moquer et ça fait rire la classe. On a aussi un autre profil, qui se rapproche plus des clichés : ce sont des élèves qui sont également victimes de harcèlement et qui montrent des compétences socio-émotionnelles parfois un peu moins développées, et donc qui ont du mal à gérer les conflits".
Ne pas seulement se focaliser sur l'auteur
La méthode finlandaise n'est pas la formule magique qui va résoudre la problématique du phénomène, mais un élément semble clairement se démarquer d'après Charlie Devleeschouwer, c'est "l'approche globale" : "Il faut vraiment agir sur l'esprit de l'école, le climat", explique le spécialiste, plutôt que de "se focaliser sur l'auteur et ne travailler qu'avec lui."