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Dans "Vous parler de mon fils", l'écrivain Philippe Besson raconte l'impossible combat de parents endeuillés par le suicide de leur fils, Hugo, victime de harcèlement scolaire. À travers les yeux du père, l’auteur décrit la lente prise de conscience d’une violence insidieuse et d’un système qui ignore ou minimise la parole des victimes. L’écrivain, qui s’est nourri de son propre vécu, livre une réflexion poignante sur la souffrance, la honte et l’inertie des institutions face à la domination exercée sur les plus vulnérables.
L'écrivain Philippe Besson revient avec un livre déchirant. "Vous parler de mon fils" relate le combat impossible de parents endeuillés par le suicide d'un de leurs enfants, Hugo, victime de harcèlement scolaire. "Leur fils s'est donné la mort après avoir été harcelé, injurié, moqué, blessé pendant des mois et cela, en silence", commente l'écrivain dans le 7h50 de Bel RTL.
Le récit se concentre sur le père qui, au début, est maladroit et minimise les choses. "Quand il voit que son fils est bousculé dans la cour de récréation, il dit que ça va l'endurcir, puis quand il comprend l'étendue des dégâts, il part au combat, va voir les parents des harceleurs, voir l'institution scolaire, se demande s'il doit porter plainte auprès de la police. Il va faire feu de tout bois, mais il se bat contre des moulins à vent, personne ne l'écoute", décrit Philippe Besson. L'écrivain montre que la parole des victimes est systématiquement remise en cause. "Ça se passe avec les violences faites aux femmes aussi. Il faut prouver qu'on est victime", dénonce-t-il.
Le mécanisme du harcèlement: "Ils exercent de la domination"
Les deux camarades d'école s'en prennent à Hugo pour une supposée homosexualité. "Les harceleurs exercent une domination, un pouvoir, en frappant là où ça fait le plus mal: celui-là est en surpoids, ils l'appellent "le gros", celui-là est bègue, ils surjouent le bégayement en sa présence, celui-là est homosexuel, ils l'appellent "pédé, tafiole", etc.", observe l'écrivain qui a interviewé de nombreux jeunes victimes de harcèlement, mais aussi des parents.
Philippe Besson a lui-même été harcelé "Je m'en souviens"
Pour ce livre, Philippe Besson s'est également nourri de son propre vécu. "J'ai été aussi harcelé, quand j'avais 13-14 ans, révèle l'écrivain. On m'a traité des noms que l'on évoquait tout à l'heure. Je me souviens de ma honte, de mon silence, de ce sentiment d'humiliation terrible que j'ai vécu et dont je me suis servi pour mon livre".
Un écrivain à succès après un revirement de carrière
Avant de devenir écrivain, Philippe Besson était directeur des ressources humaines dans une entreprise avant de devenir critique, scénariste pour la télévision. "J'avais envie d'entrer dans des mensonges et de les rendre crédibles, explique le désormais écrivain. J'étais traversé par des histoires, je voulais vivre d'autres vies". Par la suite, plusieurs de ses livres sont devenus des bestsellers.
Ne restez pas seul(e)
Le suicide est la première cause de décès chez les jeunes en Belgique. Si vous avez besoin d'aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d'un membre de votre entourage, ne restez pas seul(e). Il existe une ligne d'écoute anonyme accessible 24h/24 et 7 jours sur 7, où vous attendent les bénévoles du Centre de prévention du suicide au 0800/32.123.