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"Des pans entiers de rue sont gérés par de gros trafiquants": voici le plan du procureur pour lutter contre le narcotrafic à Bruxelles

Le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, a présenté son plan de lutte contre le narcotrafic, axé sur la traque des investissements criminels, le contrôle des produits précurseurs et la surveillance des prisons. Un combat de longue haleine, prévient-il.

Invité par la commission des Affaires intérieures du Parlement bruxellois aux côtés de la commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch, le procureur du Roi de Bruxelles a détaillé les grandes lignes de son plan contre le narcotrafic, récemment présenté au Conseil Régional de Sécurité. Il insiste sur la nécessité de patience : "Ne vous attendez pas à un miracle demain. C'est un travail de longue haleine, qui prendra des mois et des années."

Parmi les douze mesures mises en avant, plusieurs sont déjà en application. Une cellule spécifique a ainsi été créée pour bloquer les investissements d'argent noir à Bruxelles, avec l'implication de l'auditorat du travail. L'objectif : mettre sous scellés les commerces servant au blanchiment d'argent issu du trafic de drogue. "Il n'est pas normal que des pans entiers de rue soient gérés par de gros trafiquants, qui utilisent des commerces en tous genres pour blanchir leurs revenus", souligne Julien Moinil.

Saisir les biens des trafiquants

Une nouvelle section "asset recovery" a été instaurée au parquet de Bruxelles, avec cinq magistrats dédiés à la saisie d'immeubles, véhicules et autres biens de luxe. Le message est clair : "Le crime ne paie pas."

En parallèle, une attention particulière est portée aux "produits précurseurs", ces substances chimiques indispensables à la fabrication des drogues. "Il n'y a que quelques sociétés qui vendent ces produits. Il est important qu'on les cible", insiste le procureur.

Une approche globale, des prisons aux grands événements

Les consommateurs ne sont pas oubliés. Les toxicomanes nécessitent une prise en charge spécifique, avec la mise en place d'une "chambre des assuétudes", un dispositif évoqué à Namur et qu'il faudrait, selon Julien Moinil, déployer également à Bruxelles. Quant à la consommation récréative, il plaide pour la systématisation de la perception immédiate d'amendes, y compris lors des grands événements.

Concernant les flux d'approvisionnement de la drogue vers la capitale, des contrôles renforcés seront mis en place sur les autoroutes et les axes ferroviaires. Par ailleurs, un plan spécifique pour lutter contre le trafic de drogue en prison prévoit la désignation d'un magistrat chargé d'organiser des contrôles dans chaque établissement pénitentiaire.

Enfin, la lutte contre le narcotrafic s'étend au niveau international avec des collaborations prévues avec le parquet de Marseille et le parquet albanais anti-mafia. Un dispositif ambitieux pour s'attaquer à toutes les facettes du trafic de drogue en Belgique.

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