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Soupçons de maltraitances dans des crèches: le suivi des plaintes des familles est-il vraiment rigoureux?

Il y a quelques jours, RTL info révélait une affaire de faits présumés de maltraitance dans une crèche bruxelloise. Suite à cela, la directrice mise en cause a fermé son établissement. Aujourd'hui, l'Office de la naissance et de l'enfance (ONE) assure que la crèche avait bel et bien été contrôlée l'an dernier, ce qui interpelle la Ligue des familles.

Déposer ses enfants à la crèche chaque matin, ces parents interrogés à une crèche de Woluwe-Saint-Pierre le confient: "C'est un geste de confiance".

Le choix de l'établissement est un choix capital pour ces parents et surtout leurs enfants. L'Office de la naissance et de l'enfance (ONE) assure contrôler au minimum deux fois par an ces structures d'accueil. En théorie, des visites inopinées ou organisées auraient donc lieu.

La Ligue des familles dénonce aujourd'hui un manque de transparence. "Ce qu'on constate, c'est que l'ONE est assez frileuse pour nous donner des informations sur les contrôles qui sont réalisés", explique Madeline Guyot, directeur générale de la Ligue des familles. "Une manière de traiter la situation et de prévenir les situations de maltraitance, c'est de faire des contrôles réguliers et systématiques. Il faut une partie de contrôles qui sont annoncés, mais il faut aussi une partie de contrôles qui ne sont pas annoncés. Et l'ONE doit absolument faire transparence et fournir les chiffres et l'analyse qu'il fait de ces différents contrôles."

"Un enfant de un an ne peut pas se défendre" 

Sur le site de l'ONE, le dernier rapport d'activité date de 2022. Aucune mention n'est faite des contrôles effectués. "Ce qui, d'une manière ou d'une autre, n'est pas favorable pour l'instant par rapport aux parents, parce qu'il faut absolument que l'ONE récupère aussi une certaine confiance par rapport aux parents, surtout avec un public d'enfants, de bébés extrêmement fragiles...", poursuit Madeline Guyot.

Dans ses locaux, les équipes de SOS enfants reçoivent régulièrement ces petites victimes maltraitées au sein de leur crèche. De très jeunes enfants particulièrement vulnérables. "Un enfant qui a un an, deux ans, il ne peut pas encore se défendre, il ne peut pas encore vraiment s'approprier ce qui lui arrive", affirme Emmanuel De Becker, coordinateur de l'équipe SOS enfants aux cliniques universitaires Saint-Luc. "Il ne peut pas non plus dire à sa mère. Et souvent, ce sont des enfants qui vont être beaucoup plus irritables, des enfants qui vont être agités ou des enfants parfois repliés, des enfants qui vont montrer effectivement des difficultés pour s'apaiser."

En 2024, l'ONE a traité une trentaine de plaintes pour maltraitance concernant huit structures d'accueil, un chiffre en légère hausse selon l'Office.

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