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L'Europe divisée face à Donald Trump: quelle attitude doit-elle adopter?

Le nouveau mandat de Donald Trump a démarré sur les chapeaux de roue. Il a déjà signé une myriade de décrets et veut donner l'impression que par sa seule parole, il a déjà transformé l'Amérique. Face à ce rouleau compresseur, l'Europe, qui n'a même pas été citée dans son discours, apparaît tétanisée, et surtout divisée. 

Dès hier soir, alors qu'il signait en public ses premiers décrets, Donald Trump a commencé à s'attaquer à tous les principes auxquels tiennent les Européens : la lutte contre le réchauffement climatique, la défense des plus faibles et des minorités, les aides sociales, la liberté de circulation, le libre-échange, le multilatéralisme, l'état de droit, etc. Nous entrons dans un autre monde.

Mais bon, pas de panique ! Nous ne sommes pas des lapins pris dans la lumière des phares la nuit sur une route de campagne, on savait à quoi s'attendre. D'ailleurs, face aux menaces d'augmentation des droits de douane sur le thème :"Désormais, je baisse les impôts et les étrangers vont payer !", le commissaire européen à l'économie a déclaré à Bruxelles que l'Union européenne était prête à défendre ses intérêts économiques.

Une Europe divisée

La difficulté, c'est que les Européens sont partagés. Certains espèrent pouvoir passer des accords, des "deals" avec Donald Trump. Et d'autres estiment qu'il faut montrer nos muscles, et nous n'en manquons pas. Il y a entre autres la position dominante d'Airbus sur le marché aérien mondial. L'erreur serait de se diviser, et c'est là que la devise belge pourrait inspirer les 27 : "l'Union fait la force".

Hier, à Washington, l'Europe était représentée à la cérémonie d'investiture uniquement par son ambassadeur. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, n'était là qu'à titre personnel. Elle espère peut-être renouer une relation singulière avec Trump, mais si chaque leader européen en fait autant, on peut fermer boutique.

France et Allemagne en crise

Le problème, c'est que les deux pays moteurs de l'Europe, la France et l'Allemagne, sont en crise politique. Et surtout l'Allemagne. Quand on voit qu'Elon Musk soutient le parti d'extrême droite, Alternative fur Deutschland, et mime un salut nazi lors de son intervention hier à Washington, il y a de quoi s'inquiéter.

La France, c'est différent. Elle n'est pas très atlantiste. Et l'éventualité d'un retrait américain de l'OTAN l'inquiète moins que d'autres. Elle a sa propre force nucléaire et milite depuis longtemps pour une défense européenne intégrée. Mais je le répète, sur ce sujet, comme sur la guerre commerciale, il faut parler d'une seule voie.

En fait, Donald Trump, c'est un grand fauve, un prédateur. On peut chercher à l'amadouer en le nourrissant, par exemple en lui achetant du gaz et du pétrole, avec le risque qu'il vous dévore quand même. On peut aussi le tenir à distance respectueuse, établir un rapport de force et lui montrer que nous aussi, on a des dents.

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