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Certains parents n'hésitent pas à utiliser un certificat médical pour partir quelques jours plus tôt et faire des économies. Cette pratique n'est pas autorisée par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Comme chaque matin, Maud, éducatrice à l'institut Sainte-Marie de Jambes, prend les présences dans les classes de deuxième secondaire. Et à l'approche des vacances, un constat. "Pour que le départ en vacances se fasse plus tôt, le vendredi parce qu'il y a une question de billet d'avion ou tout simplement parce qu'il y a le voyage pour aller jusqu'aux vacances, on peut remarquer par moment des absences un petit peu 'douteuses' d'élèves", note la jeune femme.
Pour justifier une absence, les étudiants peuvent faire remplir un formulaire par leurs parents. Dans cet établissement, les élèves ont droit à 14 demi-jours d'absence justifiés par motif et par an.
Pour ne pas se présenter à l'école, il existe aussi une autre possibilité: un justificatif médical. Cependant, lorsque l'institut Sainte-Marie soupçonne la délivrance de certificats de complaisance, elle prend directement contact avec le médecin. "On n'est pas là pour juger, on n'est pas là pour dire que c'est un faux certificat ou pas mais pour dire qu'on est un petit peu inquiets, qu'on se questionne parce que nous, ce qu'on peut observer nous en tant qu'école, on n'est peut-être pas sûr de la maladie ou en tout cas, on suspecte quelque chose", raconte Maud.
L'absentéisme est une problématique prise très au sérieux par le directeur de l'établissement de Jambes. Lorsque le nom d'un médecin revient trop fréquemment sur les certificats, il existe des mesures plus radicales. "On peut refuser le certificat en tant que direction d'école ou rentrer en contact avec le médecin pour discuter de ce certificat ou sur lequel on a un doute", explique Gauthier Martiat. "On peut également éventuellement interpeller l'ordre des médecins."
Que se passe-t-il pour les médecins?
Chaque année, l'ordre des médecins reçoit plus de 200 plaintes pour des certificats médicaux. Après un signalement, le médecin est convoqué, il doit livrer sa version des faits. Si la plainte est infondée, le médecin n'aura aucune sanction.
Dans le cas contraire, il peut recevoir un avertissement, une interdiction temporaire d'exercer ou dans les cas les plus graves, être radié de la profession.
Lors d'une consultation, il arrive que les médecins émettent des doutes quant aux symptômes décrits par le patient. Mais il n'est pas toujours pris en compte. "Le doute, on doit le laisser passer parce que le patient, si on le met en difficulté, ça risque d'être embêtant pour le patient et pour nous par la suite", affirme Luc Herry, président de l'association belge des syndicats médicaux. Donc le doute doit être favorable au patient.
Dans les établissements scolaires, les équipes éducatives reçoivent également des certificats falsifiés par les élèves eux-mêmes, ce qui pose une difficulté supplémentaire puisque ces documents sont de plus en plus crédibles.