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Mort du petit Emile: des membres de la famille entendus puis relâchés, pourquoi l’affaire peine-t-elle à avancer ?

L'hypothèse de l'"intervention d'un tiers" se dessine dans la disparition et la mort du petit Emile, selon le procureur d'Aix-en-Provence qui n'écarte pas totalement la piste familiale même si ses grands-parents, son oncle et sa tante sont ressortis libres de garde à vue.
 

Cette affaire soulève en tout cas de plus en plus de questions. Qu'est-ce qui manque aujourd'hui aux enquêteurs pour avancer dans ce dossier ? "Il manque des preuves tout simplement ou tout au moins de charges suffisantes pour inculper les proches d'Emile et les maintenir en détention", indique Dominique Demoulin, qui suit l'actualité judiciaire pour RTL Info. Mais aujourd'hui, leur remise en liberté prouve que ce n'est pas le cas.

Dans cette affaire, il sera d'autant plus difficile de réunir des éléments de preuve parce qu'il manque quelque chose essentiel à toute enquête: la scène de crime. Dans cette affaire, on ignore effectivement où et quand le petit Émile a perdu la vie. "Qu'est-ce qui a provoqué ce traumatisme facial dont parlent les enquêteurs ? Est-ce que c'est volontaire ? Est-ce qu'il a été frappé ? Est-ce qu'il est tombé ? On n'en sait rien", souligne Dominique Demoulin. "On aurait probablement pu retrouver des indices sur les vêtements du petit garçon, sur ses mains, sur ses pieds, des indices et une scène de crime qui aurait permis de remonter au criminel. Mais tout ça est perdu irrémédiablement."

Reste à compter sur la chance et sur la perspicacité des 23 enquêteurs dédiés à cette affaire. Il leur reste encore de nombreuses données téléphoniques à analyser. La voiture du grand-père et sa remorque qui vont être passées au peigne fin.

De nouvelles confrontations?

Dominique Demouin souligne que les auditions des grands-parents, des oncles et tantes du petit garçon vont peut-être donner lieu à de nouvelles confrontations. "En tout cas, la hantise des enquêteurs aujourd'hui, c'est de ne pas reproduire les mêmes erreurs que dans l'affaire Grégory. 40 ans après, on ne sait toujours pas ce qui est arrivé."

Rappel des faits 

Émile Soleil, âgé de 2 ans et demi, est aperçu pour la dernière fois à 17h15 dans le hameau du Haut-Vernet (Alpes-de-Haute-Provence), où il passait ses vacances chez ses grands-parents maternels, le 8 juillet 2023. Les gendarmes sont alertés vers 18h, et des battues mobilisant des centaines de personnes, des chiens policiers et des hélicoptères sont organisées. En vain. 

Le 21 août 2023, l'enquête est requalifiée pour inclure les motifs criminels d'"enlèvement" et de "séquestration", bien que cette décision soit présentée comme technique et non liée à de nouveaux éléments. Les parents, catholiques traditionalistes, écartent publiquement la thèse d'un drame familial.

Le 20 mars 2024, une promeneuse retrouve des ossements et des vêtements d'Émile à moins de 2 kilomètres du hameau. Les analyses ADN confirment leur appartenance à l'enfant, sans préciser la cause du décès. 

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