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"La situation est catastrophique": face à la pression des grévistes, le ministre des Pensions reviendra-t-il sur sa réforme?

Invité de l’émission "Face à Buxant", Jan Jambon, ministre des Pensions, a accordé sa première interview à la télévision francophone pour expliquer son projet de réforme des pensions. Alors qu’une grève nationale est prévue ce lundi, il maintient sa ligne.

Jan Jambon ne change pas d’avis concernant la réforme des pensions. Il ne cache pas non plus l’urgence de la situation. Selon lui, les finances publiques ne permettent plus de maintenir le système des pensions en l’état.

La situation est catastrophique

"On doit faire les réformes. La situation maintenant est catastrophique : 28 milliards de déficit l'année dernière. Si on ne fait rien, ça va doubler, même plus que doubler dans les cinq années qui viennent. Donc on doit arrêter ça", explique-t-il.

Face aux critiques qui l’accusent de vouloir réduire les pensions, il se défend : "On ne veut pas diminuer les pensions. On veut garder le système des pensions payables, et que ça existe encore."

Il rappelle que le coût des pensions va exploser dans les prochaines années, passant de 55 milliards à 69 milliards d’euros, ce qui, selon lui, rend impératif un ajustement du système.

Dialogue ouvert, mais décisions déjà prises

Alors qu’il doit rencontrer plusieurs syndicats demain pour discuter de la réforme, le ministre se montre ouvert au dialogue, mais ferme sur les objectifs.

"Demain, je vois les syndicats de la fonction publique. Il y a un dialogue, mais c'est clair : on a aussi quelques décisions mises et quelques réformes décidées dans l'accord de gouvernement qu’on va exécuter".

Concernant la grève générale, la première depuis 2019, il dit respecter ce mouvement tout en insistant sur la nécessité du travail : "Manifester est un droit. Mais travailler, c'est aussi un droit. Donc je demande du respect des deux côtés."

Il espère également que les blocages d’autoroutes et de zones industrielles seront évités.

Pas de retraite à 55 ans

Interrogé sur les métiers physiquement exigeants, comme les pompiers ou les militaires, Jan Jambon reconnaît la nécessité d’adaptations. "C'est clair qu'on ne va pas envoyer des soldats combattre à 65 ans. Il faut être raisonnable. Il faut avoir du travail adapté", explique-t-il.

Je ne veux pas défendre ça

Mais pour lui, une retraite à 55 ans n’est plus envisageable: "Avec tout respect, dire qu'on doit aller à la retraite à 55 ans... Moi, je ne veux pas défendre ça. Je ne comprends pas."

Une réforme qui ira jusqu’au bout

Malgré les contestations et la grève nationale de ce mardi, Jan Jambon reste inflexible sur la nécessité de la réforme. "On peut encore parler, mais le but est clair. On va réformer."

Le ministre promet d’être à l’écoute, mais prévient : le système des pensions ne pourra pas rester en l’état. Reste à voir si les discussions avec les syndicats permettront d’apaiser les tensions.

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