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Marine Le Pen sera-t-elle inéligible à la présidentielle française? La réponse sera donnée ce matin

Marine Le Pen pourrait ne pas pouvoir se présenter une quatrième fois à la présidentielle française. La figure de proue de l'extrême droite dans l'Hexagone risque très gros ce lundi. 

Ce 31 Mars à 10 heures la France connaîtra un événement historique. Le tribunal correctionnel de Paris prononcera son jugement concernant l’affaire dite "des emplois fictifs" du Rassemblent National. 24 cadres du parti sont concernés, mais surtout Marine le Pen, menacée notamment d’une inéligibilité immédiate, de 5 ans. Si cette peine était prononcée, elle ne pourrait pas se présenter à prochaine élection présidentielle.

C’est une vieille affaire qui remonte à plus de 10 ans, quand la justice a commencé à s’intéresser aux collaborateurs du Front national, futur Rassemblement, au Parlement européen. En 2014, le parti de Marine Le Pen décroche 23 élus aux élections européennes. Comme tous leurs collègues, ils disposent en plus de leurs indemnités personnelles, d’une enveloppe de 21 000 euros par mois pour payer leurs assistants. Jusque-là, tout est normal et légal.

Sauf qu’à l’époque, le Front national connaît de grosses difficultés financières, et cette manne européenne est une aubaine.  

Dans les faits, les assistants parlementaires vont, dans une large part, travailler à Paris pour le parti, plutôt que sur les dossiers européens, à Strasbourg ou Bruxelles. Et ça, c’est illégal. D’où l’expression "emploi fictif". Ce n’est pas l’emploi qui est fictif, ils travaillent bel et bien, mais c’est la nature de l’emploi. Très vite, la justice française se penche sur cette question. Mais l’instruction va durer des années, il faut mener des enquêtes, entendre des témoins et les avocats du parti multiplient les procédures dilatoires.

Des réquisitions sévères

Finalement, les réquisitions sont tombées à l’automne. Des réquisitions sévères mais qui restent en dessous du maximum possible. Pour la plupart des prévenus, des peines de 18 mois à trois ans de prison, avec ou sans sursis, et des amendes de 10 000 à 300 000 euros assorties de peines d’inéligibilité. Le maximum, c’est pour Marine Le Pen qui est, en tant que chef du parti, est considérée comme le responsable principale. Tarif: cinq ans de prison dont deux fermes. 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

Et c’est là que ça va se jouer aujourd’hui. Comme dans tout procès en correctionnelle, en cas de condamnation, Marine Le Pen a la possibilité de faire appel. En général, l’appel est suspensif, mais pas cette fois, justement avec cette demande d’exécution provisoire. Si ce matin, elle était déclarée coupable, la peine serait immédiatement applicable. Et donc la championne du Rassemblement national ne pourrait plus se présenter à aucune élection avant 2030, donc pas de présidentielle en 2027.  

Favorite selon un sondage

Or, un sondage publié hier par le Figaro la donne en tête au premier tour devant l’ancien premier ministre Edouard Philippe.  

On voit d’ici la polémique: la justice peut-elle s’opposer à la volonté populaire, en neutralisant un candidat majeur. On touche au principe de la séparation des pouvoirs, fondamental dans une démocratie. C’est pourquoi la décision de ce matin, exceptionnelle, sera peut-être historique. 

 

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