Accueil Actu Belgique Société

"La Belgique est à la traîne": ce métier attire de plus en plus de jeunes, mais reste en pénurie, comment l'expliquer?

C'est un fait : plusieurs professions liées aux soins de santé sont clairement en pénurie. Comment expliquer ce phénomène alors que les études menant à ces métiers attirent de plus en plus de jeunes ?

En pleine semaine de vacances scolaires, des étudiants de rétho sont venus découvrir le métier d’infirmier. Parmi eux, Clément, 17 ans. "Je voulais découvrir la vie d’un étudiant ici en infirmerie, connaître les horaires et les locaux", explique-t-il.

La popularité des études en soins de santé a augmenté ces dernières années : +10 % d’étudiants dans cette haute école. Pour Coline, étudiante en troisième année, la crise actuelle du secteur ne l’inquiète pas. "On n’a pas envie de travailler dans des conditions trop dures. Et puis, même pour les patients, on a envie de bien faire les choses. Oui, on en parle, mais ça ne nous empêche pas forcément d’exercer ce métier. Je pense que l’amour pour ce métier reste fort", précise-t-elle.

Il manquerait près de 30 000 infirmiers et infirmières dans notre pays. C’est donc l’assurance de trouver directement un emploi à la fin du cursus. Anne-Sophie Polet, directrice du département infirmier à l’HELMO (Haute École Libre Mosane), explique : "Peut-être que c’est un métier qui a été précédemment décrié. Il doit être revalorisé au sein de la société et des différents milieux".

La Belgique à la traîne

En réalité, la pénurie touche surtout les infirmiers en exercice. En moyenne, 4 sur 10 changent de profession et se réorientent. "La Belgique est à la traîne pour le moment. On est à une infirmière pour 11 patients, alors que l’Europe recommande un ratio d’une infirmière pour 8 patients", constate Catherine Gerardy, administratrice de l’Association belge des praticiens de l’art infirmier.

Travail à temps partiel, horaires décalés, absentéisme important : autant de raisons expliquant le manque de personnel infirmier sur le terrain, notamment dans les hôpitaux du pays, où près de 3 000 postes sont vacants.

Thierry Ney, porte-parole du Forem, explique : "Aujourd’hui, 2 travailleurs sur 5 exerçant ce métier ont plus de 50 ans. Les besoins en ressources humaines dans le secteur infirmier sont donc importants et le resteront encore longtemps".

Depuis la crise du Covid, une revalorisation salariale annuelle de 400 millions d’euros a été mise en place. Malgré cela, le nombre d’infirmiers a diminué par rapport à 2019.

À la une

Les plus lus