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JO-2024: l'absence des judokas russes est "une perte", estime le président de la fédération internationale

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Olympia DE MAISMONT

L'absence des judokas russes à Paris, conséquence d'un boycott des JO par leur fédération, est "une perte" pour l'événement sportif, estime mardi Marius Vizer, président de la fédération internationale de judo (FIJ), considéré comme un proche de Vladimir Poutine, dans un entretien accordé à l'AFP.

QUESTION: Dix-sept judokas russes étaient qualifiés pour les Jeux. Mais le CIO, sur la base de ses propres critères en place après l'invasion de l'Ukraine, n'en a retenu que quatre et la fédération russe a décidé de boycotter. Qu'en pensez-vous?

REPONSE: "En tant que président de la FIJ, je regrette que nous n'ayons pas une participation complète. Lorsqu'une nation qualifiée manque, c'est toujours une perte pour les Jeux olympiques. Mais nous ne pouvons que respecter ou en tout cas admettre la décision du CIO".

Q: Les regrets sont-ils aussi dus au fait que la Russie est un pays de judo?

R: "C'est un grand pays de judo. Nous sommes un sport qui n'a pas sanctionné les athlètes russes. Car punir des personnes non coupables pour les mauvaises décisions ou les décisions controversées de leur dirigeant n'est pas juste. On ne peut pas sanctionner une nation entière pour la situation tragique et les conséquences de ce conflit. C'est un drame pour le peuple ukrainien, et pour le peuple russe".

Q: Comment expliquez-vous que 17 judokas aient été autorisés par votre fédération et seulement quatre par le CIO ? Les critères d'appréciation n'étaient pas les mêmes ?

R: "Pendant la période de qualification, lorsque nous avons autorisé les athlètes russes à participer en tant qu'athlètes neutres aux compétitions, nous avons choisi les athlètes sur la base de l'enquête d'une société internationale, Sportradar. Nous avons donc suivi à la lettre les résultats de leur enquête. Ceux qui, selon eux, ont été compromis par des images, par une campagne de promotion, par toute implication dans la promotion de la guerre, ont été exclus de la compétition. Et tous ceux qui n'ont pas été impliqués, nous les avons autorisés. Après, sur la décision du CIO, je ne peux faire aucun commentaire".

Q: Le président Poutine a été président honoraire de votre fédération jusqu'en 2022 et l'invasion de l'Ukraine. Quelles relations entretenez-vous aujourd'hui ?

R: "Après l'invasion, nous avons considéré, avec le comité exécutif de la FIJ, qu'il n'était plus approprié de l'avoir comme président honoraire, nous avons pris la décision unanime de démettre le président Poutine de cette fonction".

Q: Par ailleurs, le comité olympique palestinien a demandé au CIO d'exclure Israël. Que pensez-vous de cette demande ?

R: "Je pense qu'aucun boycott ne devrait exister dans le monde du sport. Le sport doit unir les gens et les aider à s'améliorer, à mieux se comprendre. Bien sûr, en situation de guerre, il est difficile d'expliquer cela aux deux nations impliquées. Mais il devrait y avoir tous les athlètes ici."

Propos recueillis par Olivier LEVRAULT

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