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Les voitures électriques sont-elles fiables ? C'est la question qu'Olivier se pose après avoir accumulé les problèmes avec sa Mini Cooper SE. Pour un problème de recharge, il pourrait débourser jusqu'à 8.000 €, une somme qu'il refuse de sortir de sa poche.
"Un bruit monstrueux, je croyais que ça allait cramer". C'est ainsi qu'Olivier décrit l'un des nombreux problèmes qu'il a rencontrés avec sa Mini Cooper SE, achetée neuve en 2020. Il nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous pour nous faire part de son désarroi.
Après une période de garantie tumultueuse et des réparations répétées, ce Belge de 50 ans se retrouve aujourd'hui face à une facture qui pourrait grimper jusqu'à 8.000 euros pour des problèmes de charge persistants. Un véritable cauchemar pour cet habitant de Vergnies, commune de Froidchapelle, qui vit dans une région où être motorisé n'est pas une option : "J’habite dans un bled où il faut pratiquement un arc à flèche pour avoir à manger si on n’a pas de voiture".
Tout commence en 2022, un an après l'acquisition de son nouveau véhicule électrique : "Cette voiture, achetée neuve, a eu des ennuis à la charge", explique d'emblée Olivier. "Le véhicule ne chargeait plus et est retourné au garage une première fois. Ils ont réglé le problème, puis j’ai fait un kilomètre pour aller sur le ring de Charleroi et la voiture faisait un bruit d’enfer". Un incident qui n'est que le début d'une longue série de mésaventures.
Olivier se souvient également d'un autre incident troublant : "Quand j’ai récupéré le véhicule du garage, il affichait 400 km d’autonomie alors qu’elle était à 200 km normalement. Je crois qu’ils ont fait une mauvaise manipulation au niveau de la batterie", affirme-t-il.
Une facture salée
Aujourd'hui, alors que sa voiture a 4 ans et 100.000 km, Olivier est confronté à un nouveau problème de charge. "Ils m’ont demandé 8.000 euros pour la réparation", déplore-t-il. Une somme exorbitante qui couvrirait le remplacement de deux boîtiers de chargement haute tension. Et ce n'est pas tout : "Si les batteries viennent à péter, j’en ai pour 10.000 euros", s'inquiète-t-il.
Une arnaque bien orchestrée
Las des problèmes touchant son véhicule, Olivier aurait préféré s'en débarrasser, sauf que l'offre du garage lui semble dérisoire face au prix du véhicule neuf : 11.000 euros pour la reprise du véhicule, à condition qu'il soit réparé. Une offre qu'Olivier juge insuffisante. "C’est une arnaque bien orchestrée", estime-t-il. "Ils me donnent 11.000 euros, mais il faut que je la fasse réparer".
En attendant, il a racheté une petite Polo pour son épouse, institutrice, car ils vivent dans une région où la voiture est indispensable. "Si on n’a pas de voiture, il faut un cheval", assure-t-il.
8.000 € pour le scénario catastrophe
Contacté par RTL info, Jeroen Lissens, responsable de la communication chez BMW - Mini et BMW faisant partie du même groupe -, assure que le constructeur fait tout pour comprendre la panne d'Olivier : "Nous sommes actuellement en train d’enquêter sur la cause exacte du problème technique", explique-t-il.
Il souligne également que ce type de panne est extrêmement rare et ne fait pas partie des actions techniques du constructeur, ouvrant la porte à une réparation gratuite après la période de garantie. "C’est un phénomène extrêmement rare", insiste-t-il.
Jeroen Lissens précise que le garage a proposé un geste commercial à Olivier, mais que celui-ci l'a refusé. "Le client n’a pas voulu accepter une remise sur le coût", indique-t-il. Olivier nous confirme ne "pas vouloir débourser un euro" pour un souci qui était déjà survenu durant la période de garantie, et qui est réapparu à la fin de cette dernière.
Le chef de la communication corporate continue : "Suite à cela, un cahier de charge a été établi. Qui pourrait s’élever à 8.000 euros, mais c’est un scénario catastrophe où tout doit être remplacé", insiste-t-il. "Il est possible, même probable que ça ne coûte même pas la moitié, voire la moitié de la moitié", développe Jeroen Lissens, qui accuse surtout un malentendu entre le client et la concession.
L'avis d'un garagiste
Pour César Bottiglieri, garagiste depuis 48 ans, il est surprenant que les réparations coûtent aussi cher. Il souligne le manque de concurrence sur le marché des pièces détachées pour véhicules électriques. "Ici, à partir du moment où il n’y a que la marque qui le possède, ils mettent le prix qu’ils veulent", explique-t-il.
Il met également en garde contre les risques liés à l'achat d'un véhicule électrique de première génération. "Si c’est une voiture qui a 4 ans, c’est une des premières électriques, et c’est toujours ceux qui achètent les premières qui ont des problèmes", prévient-il. "Moi, je n’achète jamais une voiture qui vient de sortir sur le marché, j’attends un an qu’elles fassent leurs maladies".
Concernant le prix de reprise du véhicule, César tempère la colère d'Olivier: "Il y a le problème de la qualité de la batterie. Au fur et à mesure des années, on perd un pourcentage de la vie de la batterie. Peut-être que les premières se dégradent plus rapidement en plus". Il ajoute : "Si le garagiste revend la voiture à un particulier, il doit la revendre avec une garantie. Donc si le client revient un an plus tard, car la batterie doit être changée sous garantie, le garagiste perd 10.000 euros, c'est calculé", développe-t-il.
La satisfaction client est super importante pour nous
La discussion entre BMW et Olivier est toujours en cours à l'heure de l'écriture de ces lignes, fin février. Jeroen Lissens de BMW assure que le contact est et reste établi avec son client : "La satisfaction du client est super importante pour nous, et c’est la raison de notre forte position sur le marché en Belgique. C’est un élément central de notre stratégie. S’il y a des cas spéciaux même hors garantie que nos experts considèrent comme exceptionnels, il y a toujours des moyens", assure-t-il.