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"Autant d’arbres abattus pour quelques cyclistes" : à Wavre, tout le monde ne perçoit pas l'intérêt de la nouvelle "cyclostrade"

À Wavre, l’abattage massif d’arbres pour prolonger une cyclostrade provoque la colère des riverains, qui dénoncent un "scandale écologique" et un manque total de transparence des autorités.

À Wavre, les travaux d’aménagement de la cyclostrade le long de la N4, entre le giratoire du Decathlon et la caserne des pompiers, suscitent de vives réactions. Outre des erreurs de calendrier, un manque de communication de la part de la Région wallonne et de la Ville, ainsi qu’une signalisation jugée mal pensée, c’est surtout l’impact environnemental du chantier qui inquiète les riverains. Sur la page Facebook de la Ville, les commentaires pleuvent : beaucoup dénoncent l’abattage massif d’arbres, remplacés… par du béton.

Une deuxième phase qui change la donne

Lancée en août 2024, la première phase de la cyclostrade, reliant Wavre à Louvain-la-Neuve, avait été plutôt bien accueillie, malgré les inévitables perturbations liées au chantier : déviations, rétrécissements de voiries… Depuis, le projet s’est étendu avec un nouveau tronçon en direction de Bruxelles. Et c’est là que le ton a changé.

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"Une erreur monumentale"

Pour Astrid (prénom d'emprunt), 42 ans, habitante de Wavre depuis cinq ans, ce prolongement est une aberration. "Ils ont abattu des centaines d’arbres pour ce tronçon, c’est un scandale. Autant, j’étais convaincue de l’utilité de la première partie, autant ici, j’estime que c’est une erreur monumentale, surtout au vu du coût pour la nature et le paysage", nous a-t-elle confié via le bouton orange Alertez-nous.

Des riverains en colère

Autour du chantier, les arbres abattus s’alignent au sol. "Pour la première partie, ils n’avaient abattu aucun arbre, ou très peu. Alors pourquoi pas ici ?", s’insurge encore Astrid. Et elle n’est pas la seule : sur les réseaux sociaux, de nombreux habitants dénoncent un "scandale écologique".

"Pourquoi ne pas avoir opté pour une solution alternative ? On aurait pu réhabiliter des anciennes voies ferrées à proximité, ou simplement adapter le tracé pour préserver les arbres. Il y avait sûrement moyen d’éviter ce massacre", poursuit-elle.

Une différence de traitement ?

Ce qui révolte aussi la Wavrienne, c’est le contraste entre les obligations imposées aux citoyens et la liberté apparente des autorités. "Quand j’ai voulu abattre un arbre mort sur ma propriété, j’ai dû remplir un dossier de plus de 40 pages et m’engager à en replanter un. La commune est même venue vérifier. Ici, ils font comme ils veulent, sans rendre de comptes à personne".

La Ville impuissante ?

Le projet est piloté par la Région wallonne et financé par Sofico, non par la Ville de Wavre. Cette dernière n’a donc aucun pouvoir décisionnel, et aucune enquête publique n’était nécessaire, a récemment rappelé Benoît Thoreau (Les Engagés), bourgmestre de Wavre, dans les colonnes de L’Avenir. Le bourgmestre a toutefois annoncé que des protections visuelles seraient installées afin d’atténuer l’impact visuel pour les riverains. Des plantations sont également prévues pour compenser les arbres abattus. Reste que cela représente de nouvelles dépenses publiques, un autre sujet de mécontentement pour les habitants.

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