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Qui va payer pour soutenir l'Ukraine? "Pas moi", répond Trump

Donald Trump a téléphoné à Vladimir Poutine pour évoquer la fin de la guerre en Ukraine, on connaît désormais son plan de paix. On retiendra que le président des Etats-Unis exclut notamment l'envoi de troupes américaines et l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Pour le président américain, ce sont les Européens qui devront assurer l'essentiel du soutien financier à Kiev. 

Donald Trump, pendant sa campagne, avait promis de mettre fin en 24 heures à la guerre en Ukraine. Il a depuis modéré son propos et son délai est passé à 100 jours. Mais, ça il faut lui reconnaître, Donald Trump tient ses promesses même si parfois elles paraissent aberrantes. Dans le cas de l'Ukraine, il y a du concret. 

Le président des Etats-Unis a téléphoné à Vladimir Poutine pendant une heure et demie et les deux hommes ont convenu de se rencontrer prochainement, probablement en Arabie Saoudite. Trump a ensuite appelé Volodymyr Zelensky, le président ukrainien qui, ces derniers jours, s'était déclaré ouvert à une négociation directe avec la Russie. On ne connaît pas la teneur exacte de l'entretien entre Trump et Poutine.

Mais lors d'une rencontre à Bruxelles avec ses homologues de l'OTAN, son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a expliqué en détail quel était le plan américain. D'abord a-t-il dit, et là tout le monde est d'accord, "il faut mettre fin au massacre". Ensuite, les Américains sont alignés sur la position européenne qui estime que la paix en Ukraine ne pourra être atteinte que par la force, c'est-à-dire un soutien suffisant à Volodymyr Zelensky pour qu'il ne soit pas contraint à la capitulation. 

En revanche, le ministre américain n'a pas pris de gants pour expliquer qu'il était illusoire d'imaginer que l'Ukraine retrouvera à la fin du conflit ses frontières de 2014, ce qui signifie en clair qu'il faudra accepter le retour définitif de la Crimée à la Russie. Par ailleurs, toujours selon Pete Hegseth, l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN n'est pas réaliste. Et c'est la douche froide pour l'Allemagne, le Royaume-Uni et les plus atlantistes des Européens qui avaient l'an dernier, lors d'un sommet à Washington, évoqué un chemin irréversible vers l'adhésion de l'Ukraine. Pour les Américains, c'est non, notamment parce qu'ils ne veulent pas être contraints d'appliquer l'article 5 de la charte de l'OTAN qui prévoit l'assistance de tous les membres en cas d'attaque contre l'un d'entre eux. 

Donald Trump l'aurait promis à Poutine, il n'y aura pas de troupes américaines en Ukraine. Pour autant, les Etats-Unis n'excluent pas le déploiement d'une force d'interposition sur l'actuelle ligne de front, elle devra être européenne, une position qui rejoint celle de la France qui souhaite une plus grande autonomie stratégique du vieux continent. Bon, d'accord, pourquoi pas. Mais la question c'est, qui va payer ? Réponse de Trump, "pas moi".
 

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