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Grève chez bpost: le personnel rejette la proposition de la direction, la ministre Vanessa Matz intervient

Pas d'embellie chez bpost, les syndicats ont refusé la proposition de la direction. Celle-ci les appelle à revenir "d'urgence" autour de la table pour trouver une solution. Les travailleurs ont recalé la note sur la réorganisation du travail et promettent de poursuivre, et même de renforcer les actions dans les jours qui viennent. 

Le conflit n'est pas prêt de se terminer chez bpost... Le mouvement de grève se poursuit dans les centres de tri de Liège et de Charleroi.

La direction y croyait vendredi, à l'issue d'une réunion de 5 heures avec les syndicats. Mais dans la soirée, après avoir consulté leur base, ils ont finalement rejeté la proposition. 

"Le retour est un 'non' de manière très catégorique par rapport au protocole et aux propositions données par l'entreprise", réagit Mouna Aouni, permanente régionale CSC Transcom. "Le protocole ne reprend pas les différentes revendications et les attentes du terrain. Donc c'est très, très, très light. On aurait aimé avoir une stratégie qui soit beaucoup plus claire, des lignes plus claires par rapport aux revendications telles que la charge de travail, la pénibilité. On dit tout le temps que bpost est le visage humain dans un monde digital. Mais on ne laisse pas le facteur jouer ce rôle social. Et c'est ce qui ressort du protocole qui a été proposé", justifie-t-elle.

La grève va donc se poursuivre, mais sous une autre forme. À Bruxelles, le piquet de grève a été levé pour des raisons pratiques. Il est plutôt compliqué pour les syndicats de mobiliser des travailleurs 24 heures sur 24 pendant plusieurs jours.

La ministre des Entreprises publiques, Vanessa Matz (Les Engagés), a appelé samedi les partenaires sociaux de bpost à reprendre le dialogue social. Elle invite les syndicats à la rencontrer lundi après-midi.

Cette réunion est destinée à "entendre l'ensemble des revendications (des syndicats) qui entraînent le blocage au sein de l'entreprise", précise la ministre dans un communiqué de presse. Celle-ci rencontrera aussi le CEO de bpost, Chris Peeters, lundi.

Vanessa Matz demande "à chacune des parties de laisser toutes les chances au dialogue social au bénéfice de l'entreprise, de ses travailleurs et de ses clients."

Les facteurs bientôt en grève?

S'il n'y a pas d'accord dans les prochaines heures, le mouvement pourrait s'étendre dans les centres de distribution. Cette fois, cela voudrait dire qu'à partir de lundi, les facteurs et les factrices se croiseraient les bras. Il n'y aurait donc plus de courrier dans vos boîtes aux lettres, à l'exception des journaux et des courriers pour les pensions. Actuellement, 800.000 colis seraient bloqués dans le pays.

Il faudra donc s’armer de patience pour recevoir votre courrier postal et vos colis. Les syndicats affirment que tant que la direction n'aura pas fait une proposition qui corresponde aux attentes des travailleurs, les actions vont se prolonger.

"Les travailleurs ne sont pas satisfaits avec les avancées qu'il y a eues lors des négociations d'hier parce que la charge de travail reste pratiquement la même. Ils ont eu quelques bribes d'avancées mais pas grand-chose pour que le personnel puisse reprendre le travail correctement et qu'ils aient une tournée faisable dans le temps qui est imparti", rapporte Michel Mazy, permanent syndical CSC. Les travailleurs souhaitent "que les services soient faisables, qu'ils puissent faire leur travail dans des conditions acceptables qui n'est plus le cas pour l'instant", complète le syndicaliste.

"Le territoire devient de plus en plus vaste. Il faut se rendre compte qu'un distributeur sort au moins une centaine de fois de sa camionnette pour faire sa tournée. Ça devient très pénible pour le distributeur", assure-t-il.

On est parti au finish

"Ici, on est parti au finish. Tout ce qu'on veut, c'est que bpost arrête cette logique du travail à tout prix. Donc tant qu'il n'y a pas une proposition qui corresponde aux attentes de la base, on continuera nos actions", conclut Mouna Aouni.

La direction de bpost appelle les syndicats à revenir d'urgence autour de la table de négociations afin de trouver une issue au conflit social en cours. "On avait un accord tout à l'heure, malheureusement, il n'a pas été approuvé par la base", a déploré une porte-parole de bpost.

La direction va reprendre contact avec chaque organisation syndicale. Elle plaide pour revenir rapidement, "même encore pendant le week-end", autour de la table afin de mettre fin au conflit le plus vite possible.

Retour sur le fil de la journée

Le mouvement de grève s'est poursuivi toute la journée de ce vendredi dans les trois centres de tri bpost à Liège, Charleroi et Bruxelles. Du côté flamand, quelques manifestants se sont rendus jeudi au centre de tri d'Anvers à l'occasion de la manifestation nationale. Néanmoins, le centre de tri a poursuivi normalement son travail dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris auprès de l'entreprise.

Une nouvelle réunion de conciliation a eu lieu à 10h00 entre les syndicats et la direction de bpost pour sortir du blocage. Les négociations ont été difficiles, puisque la direction et les syndicats ont prolongé leur réunion qui devait se terminer à 12h00.

Pour rappel, il est reproché à la direction de vouloir réorganiser les tournées des facteurs et des factrices de façon déconnectée de la réalité de terrain. Selon nos informations, les facteurs ont 90 secondes pour livrer un colis, un paquet ou un recommandé. Un laps de temps trop court lorsqu'on prend en compte les embouteillages, le temps de réponse des personnes chez eux etc. Un facteur monte et descend de sa camionnette entre 200 et 250 fois en une journée. Pour les facteurs, c’est beaucoup et trop fatiguant. De son côté, la direction dit que cette réorganisation est indispensable pour préserver l’emploi chez bpost.

Aux alentours de 15h30, une proposition a été soumise au personnelrédigée entre syndicats et direction. Les syndicats y sont ressortis avec une proposition à soumettre au personnel en grève.

Dans le cadre du mouvement de colère du personnel, des blocages filtrants ont été installés devant les centres de tri wallons et bruxellois. Bpost maintient, de son côté, qu'aucune personne ne perdra son emploi lors de cette réorganisation.  

blocage bpost bruxelles
Le piquet de grève au centre de tri de Neder-Over-Heembeek.

Les colis s'accumulent

Malgré ces blocages, près de 88 %, des tournées seraient assurées vendredi en Wallonie, mais les facteurs disposent de peu de produits à distribuer. 800.000 colis bloqués dans le pays actuellement à cause des barrages filtrants aux centres de tri de Bruxelles, Liège et Charleroi. À Bruxelles, on vient de dépasser les 500.000 colis bloqués. La situation dans les centres commence à devenir chaotique.

Les facteurs et factrices protestent depuis plus d'une semaine contre une réorganisation du travail proposée par la direction, qui modifie le processus de réattribution des tournées et qui va "trop loin et trop vite", selon la CSC Transcom. Dans le cadre du mouvement de colère du personnel, des blocages filtrants ont été installés devant les centres de tri wallons et bruxellois. Bpost maintient, de son côté, qu'aucune personne ne perdra son emploi lors de cette réorganisation.

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