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Ce matin, une ancienne puéricultrice et son ex-compagnon ont été placés sous mandat d'arrêt, car ils sont soupçonnés d'atteinte à l'intégrité sexuelle sur cinq enfants âgés de 18 à 36 mois. Suite à cette affaire, de nombreuses questions se posent : comment détecter la maltraitance ou la pédocriminalité lorsque la victime n'est encore qu'un bébé ? À quoi les parents doivent-ils être attentifs ?
Dans ce service de pédiatrie, c'est une triste réalité. Le docteur Maka reçoit de plus en plus d'enfants ayant subi des violences physiques ou sexuelles. De plus, celles-ci sont très difficiles à déceler chez les tout-petits. Il faut porter une attention particulière à leur comportement.
"C'est un enfant qui se renferme sur lui-même, qui ne mange pas bien et qui perd du poids. Il y a quand même des signes d'alerte qui disent que quelque chose ne va pas. D'une manière générale, un enfant qui s'enferme sur lui-même, c'est un signe d'alarme", explique-t-il.
Certains abus ne laissent aucune trace physique. Le docteur Maka travaille avec une psychologue et une assistante sociale. Ensemble, ils tentent d'analyser au mieux chaque situation.
Laurie Siraut, assistante sociale, explique : "La richesse de l'équipe, c'est de pouvoir travailler en pluridisciplinarité, parce que cela permet de renforcer, d'infirmer ou de confirmer ce que l'autre peut ressentir. Puisque tout est subjectif, l'idée est vraiment de pouvoir se poser, de ne pas travailler dans le jugement et de tenter la meilleure hypothèse possible".
Émilie Maroit, psychologue, explique que les plus jeunes victimes de maltraitance ont tendance à régresser dans leur comportement. "Par exemple, un enfant qui était propre se retrouve de nouveau à devoir porter des langes. Un enfant qui ne prenait plus son biberon le réclame à nouveau. On voit vraiment une régression par rapport aux apprentissages qui avaient été acquis".
Les enfants peuvent aussi pleurer beaucoup plus sans raison apparente, ce qui peut également impacter leur sommeil. "L'enfant développe une forme de comportement d'hypervigilance, comme s'il avait peur de s'endormir. On observe aussi des troubles de l'attachement, où l'enfant a très peur d'être séparé de l'un de ses parents".
De son côté, l'Office de la naissance et de l'enfance veille à ce que les milieux d'accueil soient les plus sûrs possible. D'importants moyens d'accompagnement, de formation et de contrôle sont mis en place. Malheureusement, cela ne suffit pas toujours.
Selon Sylvie Anzalone, porte-parole de l'Office de la naissance et de l'enfance, "Il n'y a pas de risque zéro, et on ne peut pas être garant. Personne ne peut être garant des intentions malveillantes d'une personne. C'est très compliqué de surveiller exactement tout ce qui se passe, même si l'objectif n'est pas de tout contrôler, mais que l'accueil se fasse de manière bienveillante pour tous".
Les experts recommandent de rester vigilant face au comportement de l'enfant. Des abus subis durant l'enfance peuvent impacter son développement psychologique en grandissant.