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On ne le répètera jamais assez: dès 50 ans, il est important de se soumettre à un test de dépistage du cancer colorectal tous les deux ans. Et pourtant. Après avoir suivi ces conseils à la lettre, Murielle est atteinte de la maladie. Elle nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous pour raconter son histoire.
"J'ai fait le dépistage du cancer colorectal tous les deux ans depuis mes 50 ans et il est toujours revenu négatif", raconte Murielle. Elle fait référence au prélèvement proposé gratuitement aux personnes de 50 à 74 ans. Seulement voilà, quand notre interlocutrice a eu 59 ans, on lui a découvert une tumeur au côlon présente, selon les médecins, depuis deux ans et demi (NDLR: au moment des examens). "Malgré le dépistage, j'ai tout de même attrapé ce crabe."
Elle raconte: "On a découvert la maladie après des examens réalisés parce que j'avais fait une indigestion de sang. Les médecins ont tout enlevé et j'ai dû faire de la chimio préventive. Plus tard, on m'a trouvé des métastases au foie." Après une nouvelle intervention, Murielle a pu reprendre une vie normale.
Je n'ai pas envie de partir maintenant
Mais pas pour longtemps: "Tous les trois mois on faisait un contrôle et un jour, on m'a diagnostiqué de nouvelles métastases au foie. Un peu de chimio, on continue et puis… des métastases aux poumons." Le cauchemar est sans fin: "On m'a proposé un traitement expérimental pour lequel je n'étais finalement pas éligible. Maintenant, je suis de retour chez mon oncologue, il me dit qu'il a encore deux chimios à me proposer, après il n'y a plus rien."
Très positive, elle tente de garder espoir malgré tout: "Ma famille est ma ressource, je suis entourée et je fais confiance à la médecine. J'espère qu'il y aura un jour un traitement qui me conviendra. J'ai 63 ans, je n'ai pas envie de partir maintenant."
Le dépistage est-il réellement fiable?
Étant donné son histoire, Murielle a les poils qui se hérissent quand elle entend parler du dépistage comme de la solution miracle contre le cancer colorectal. Pour mieux comprendre ce qu'il en est, nous avons interrogé Jean-Luc Van Laethem, responsable de l'oncologie digestive à l'hôpital Erasme.
Le spécialiste reconnaît que les tests à réaliser à la maison "n'ont pas une sensibilité de 100%". Toutefois, il fait la distinction entre les tests de nouvelle et d'ancienne génération. "Désormais, ce sont des tests immunologiques plus fiables", dit-il en évoquant un taux de fiabilité entre 80 et 90%. Contre seulement 50% avant. Concrètement, pour les patients, ça ne change rien, il s'agit d'un prélèvement des selles à envoyer à l'hôpital pour analyse.
Ce test est recommandé pour le grand public. Toutefois, "la coloscopie reste l'examen le plus fiable", assure Jean-Luc Van Laethem. En d'autres termes, si vous avez un quelconque doute ou si vous voulez être rassuré, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. D'autant que "si un patient a une coloscopie normale à 50 ans, il n'est pas nécessaire d'en refaire une tous les ans".
Attention aux antécédents familiaux
Jean-Luc Van Laethem distingue trois types de patients:
- Le grand public: à qui il est recommandé de faire un dépistage tous les deux ans, dès les 50 ans.
- Les personnes à risque, qui ont des antécédents de cancer colorectal dans la famille, des antécédents personnels ou encore qui ont une maladie inflammatoire de l'intestin. Pour eux, "on préconise la coloscopie".
- Les personnes à très haut risque chez qui on détecte certaines mutations comme le syndrome de Lynch ou cancer colorectal héréditaire. "Là, on recommande des coloscopies plus fréquentes."
Plus ce cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont élevées. L'ASBL Stop Cancer Côlon parle d'un taux de guérison de 90% en cas de dépistage précoce.