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La sœur de Joël Le Scouarnec, accusé de violences sexuelles sur près de 300 jeunes patients dans une douzaine d'hôpitaux, a dénoncé jeudi, lors du procès de cet ancien chirurgien, l'inceste commis sur ses deux filles. Elle a aussi fustigé les "mensonges" de l'ex-épouse de l'accusé, assurant qu'elle était au courant des agressions sexuelles sur l'une de ses filles.
La sœur de l'accusée, Annie, âgée de 72 ans, s'est effondrée en pleurs en évoquant les propos tenus la veille par l'ex-épouse de Joël Le Scouarnec, qui a farouchement nié avoir jamais eu connaissance des actes pédocriminels de son mari. "C'était insupportable, plein de cruauté envers les victimes (...) plein de mensonges", a dénoncé Annie à la cour criminelle du Morbihan.
Elle a ensuite déclaré que la plus jeune de ses deux filles lui avait confié dès octobre 2000 avoir subi des violences sexuelles de la part de Joël Le Scouarnec, et qu'elle avait aussitôt confronté son frère. Il aurait alors tout de suite reconnu les faits. "Oui, c'est vrai et Marie-France (l'ex-épouse, NDLR) est au courant", lui aurait-il déclaré, selon elle. "Je n'aurais jamais assez de toute ma vie pour réparer ce que j'ai fait à (ta fille)." "Je lui ai dit 'faut que tu fasses quelque chose, que tu te fasses soigner'", se souvient Annie.
Pourquoi n'a-t-elle pas déposé plainte, demande la présidente Aude Buresi? "Je ne me suis pas rendu compte que c'était quelqu'un de dangereux." "J'ai fait des erreurs mais je n'ai jamais menti", insiste-t-elle.
Et même après une perquisition au domicile de son frère en 2004 pour le téléchargement de contenus pédopornographiques, "je ne fais toujours pas le lien avec le fait qu'il puisse y avoir d'autres victimes", assure Annie.
Pour avoir détenu ces images, Joël Le Scouarnec sera condamné un an plus tard à quatre mois de prison avec sursis, sans obligation de soin ni interdiction d'exercer.
Déjà condamné
Arrêté en 2017 pour le viol de sa voisine de six ans, Joël Le Scouarnec avait été condamné en 2020 à 15 ans de prison pour les violences sexuelles commises sur quatre enfants. Parmi eux, les deux filles d'Annie.
Le médecin avait aussi reconnu des violences sexuelles, prescrites, sur une autre nièce.
Jeudi après-midi, ce sera au tour des enquêteurs de témoigner.
Une perquisition en mai 2017 avait permis de découvrir chez l'ancien chirurgien des milliers de pages de "journaux intimes" et quelque 300.000 images pédopornographiques. Il y listait ses victimes et les sévices qu'il leur infligeait, ce qui a permis aux enquêteurs d'identifier sa multitude de victimes, de 1989 à 2014.