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Christophe D. est décédé lors de l'effondrement du pont à Houdeng: "On l'empruntait très souvent...", s'inquiètent les riverains

Un gros incident s'est produit sur l'autoroute E42, à hauteur de La Louvière : un pont s'est affaissé, faisant deux blessés et un mort. Le capitaine des pompiers de la zone déplore "un scénario catastrophe". 

Le pont en chantier de La Louvière sur l'autoroute E42, qui surplombe le canal du Centre, s'est en partie effondré jeudi vers 14h00. Plusieurs grues ont été emportées dans l'affaissement. Parmi les douze personnes présentes sur le site, deux ont été blessées, a déclaré le premier échevin de La Louvière Olivier Destrebecq, tandis qu'une personne est malheureusement décédée. 

Trop tôt pour établir des responsabilités

Au lendemain du drame, on en sait un peu plus sur l'identité de la victime de cet incident. Il s'agit de Christophe D., il était aux commandes d'une grue lorsque le pont est tombé. 

L'état de santé de ses deux autres collègues, blessés et hospitalisés, est plutôt rassurant. "Hier soir, les nouvelles n'étaient pas inquiétantes. Ils sont bien sûr toujours suivis médicalement, mais leur pronostic vital n'est pas engagé", indique le bourgmestre Jacques Gobert. "Le bilan aurait malheureusement pu être plus lourd. Les deux ponts sont indépendants. Lorsque le tablier du pont s'est effondré, celui d'à côté s'est donc maintenu. Cela aurait été une catastrophe si le tout avait été consolidé."

Le bourgmestre ajoute également qu'il est trop tôt pour établir des responsabilités. Le parquet et l'auditorat du travail sont descendus sur les lieux et devraient prochainement donner leurs premières conclusions. 

Un scénario catastrophe, presque incroyable

Le pont, en cours de démolition depuis fin février, s'est effondré ce jour à la suite d'un "scénario catastrophe, presque incroyable au moment de l'appel", a expliqué le capitaine Benoît Filippi de la zone de secours Hainaut Centre. La partie centrale de l'infrastructure est notamment tombée dans l'eau. Plusieurs grues ont également été emportées dans l'écroulement. L'une d'elles est retombée sur une barge postée en contrebas pour réceptionner les éventuels débris du chantier. "Le risque le plus grand pour nos intervenants était un second effondrement de la structure", ajoute le capitaine Filipi. "Par contre, pour nos plongeurs, il a fallu se mettre dans l'eau dans un zone pleine de gravier et de risque de se coincer dans un enchevêtrement."

"C'est un pont qui a été construit dans les années 60", détaille Jean-Luc Gosselin, directeur de la Sofico. "Il a manifesté quelques signes de vétusté et on a décidé de le démolir et de le reconstruire à neuf. Le chantier a débuté en février 2024 et devait se terminer en février 2026. Chose très importante à signaler, c'est un axe majeur de circulation dans la région. Il voit passer 30.000 véhicules par jour en direction de Charleroi".

Douze personnes se trouvaient sur le chantier au moment des faits. Toutes les victimes ont été évacuées du lieu de l'accident. 

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Des riverains choqués 

Au lendemain des faits, les habitants du centre viennent se rendre compte. L'accident a généré beaucoup d'angoisse. Les fils de Marianne et Arnaud venaient de quitter la maison quand le pont s'est effondré. "Je me dis, mais quel pont ? J'ai essayé d'appeler ma belle-mère, elle ne répondait pas", raconte-elle. "Gros stress, mais soulagement en voyant qu'ils n'étaient pas touchés. Mais par contre, c'est vrai que c'est impressionnant de voir ça tout près de chez soi et tout de suite on pense au pire..."

Michelle est,elle troublé par cet accident et pense Christophe D, qui a perdu la vie. à lui. "Courage à la famille du monsieur qui est décédé de Liège", affirme-t-elle. "Quand on est sur le lieu de travail, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais c'est vraiment triste."

Les faits impressionnent et posent question. "C'est un pont qu'on empruntait très souvent et on se demande si ça aurait pu arriver déjà avant, en l'empruntant avec les véhicules ou pas...", s'interroge une passante tandis qu'un voisin constate. "Si on prévoyait de le démolir, c'est qu'il y avait des raisons."

Et maintenant ? 

L'autoroute E42 était à nouveau accessible aux automobilistes entre l'échangeur de Bois d'Haine et la jonction avec l'E19/A7, dans les deux sens, ce jeudi en fin d'après-midi. La SOFICO tient d'ailleurs à rassurer les automobilistes, "l'autre pont est indépendant et en parfaite sécurité", déclare Jean-Luc Gosselin, directeur général. 

"Il faut maintenant laisser la place aux autorités pour qu'elles puissent réaliser leurs analyses", poursuit-il. "Ensuite, va venir le temps de l'analyse technique: comprendre ce qu'il s'est passé et puis déblayer l'ensemble. Il y a des gravats partout, y compris au niveau de la voie d'eau, ce qui va rendre la navigation totalement impraticable pour un temps incertain. Seulement quand on aura compris, on pourra envisager la reprise des travaux". 

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