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Parmi les aéroports du pays, celui de Charleroi a de plus en pluss de succès. Il souhaite donc poursuivre son développement et augmenter le nombre de vols jusqu'à 83.000 par an, en 2045. Problème : il génère des nuisances sonores. Une enquête publique a donc été lancée pour consulter les riverains. qui ont déjà souvent du mal à vivre, au quotidien, à proximité de l'aéroport.
Les avions liés à l'aéroport de Charleroi font partie du décor pour les écoliers d'une école de Heppignies. Pourtant censés respecter des couloirs riverains qui les éloigneraient de cette petite cour d'école. Mais dans les faits, c'est bien différent. "Ça arrive régulièrement au beau temps. En fonction du vent, en fonction de l'endroit où il décolle, au lieu de suivre le couloir de décollage, il passe au-dessus de l'école. Ça génère beaucoup de bruit. Quand on est en récréation, on doit s'arrêter de parler. Certains enfants arrêtent de jouer parce que c'est impressionnant malgré tout", note la directrice.
Et ici, pas le choix, on vit avec les nuisances de l'aéroport. En été principalement, certains élèves se disent distraits, perturbés. Des casques anti-bruit, prévus pour la concentration, servent parfois à se protéger du bruit des réacteurs. "Parfois, je fais un calcul et puis j'en entends un passer. Et donc après, je dois recommencer parce que je ne me souviens plus", note un écolier. "Surtout pour se concentrer, quand on a des évaluations du travail, on entend souvent beaucoup de bruit. Et quand madame parle, parfois elle doit s'arrêter pour laisser les avions passer parce que sinon on n'entend plus rien", admet une autre écolière.
Dans les faits, cette école n'est pas un cas isolé : des milliers de riverains se trouvent aussi le long de ces zones sensibles, comme à Roux, à six km du site, 9 heures du matin, en 20 minutes à peine, 4 avions survolent. En été, ils sont 120 par jour.
"On le vit mal, très mal. Il y a des jours où on le supporte très bien. Il y en a d'autres où ça tape réellement sur le système. C'est vraiment une agression mentale. Mentalement, c'est difficile à supporter", note un riverain. Face à la situation, un collectif s'est formé pour dénoncer des dépassements d'horaire. En 2001, un décret fixe les heures de vol entre 7h et 23h, dernière limite. Mais en 2023, pour 61% des jours, l'aéroport est resté ouvert jusqu'à 1h du matin. Pour les vols basés à Charleroi, plus de 1500 dépassements et seulement 5 amendes. "C'est un peu comme une grenouille qu'on met dans de l'eau froide : on chauffe l'eau petit à petit et les gens ne réagissent plus. Chaque fois qu'ils se plaignent, la réponse est que tout est autorisé. La législation est tellement permissive que les gens n'ont plus envie de se plaindre puisque ça ne sert à rien", déplore le collectif citoyen.
Côté développement, de 62 000 vols par an l'an dernier, on devrait atteindre les 83 000 en 2045. 10 500 000 voyageurs par an actuellement, 16 millions dans 20 ans. Lorsque l'exécutivité de l'aéroport et de l'exécutivisance risquent d'être plus importantes, la région Wallonne promet d'en tenir compte.