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Un procès aussi inédit que terrifiant débute semaine prochaine en Bretagne, celui d'un médecin ayant agressé sexuellement des centaines de patients mineurs... durant plus d'une décennie. Explications.
Le procès hors norme de Le Scouarnec débute la semaine prochaine, en Bretagne. Ce chirurgien âgé de 74 ans est accusé de près de 300 viols. Ses victimes étaient en grande majorité des enfants.
"Tout commence en 2017 lorsqu'une petite fille de 6 six ans accuse son voisin, Joël Le Scouarnec, chirurgien digestif, de l'avoir violée. La plainte est prise très au sérieux. Les gendarmes perquisitionnent la maison du suspect. Et là, c'est la stupeur : ils découvrent des milliers de pages manuscrites où Le Scouarnec détaille les violences sexuelles, les attouchements et les viols qu'il pratique depuis plus de 25 ans dans 12 hôpitaux différents", explique Dominique Demoulin, notre journaliste spécialisé en judiciaire.
L'âge moyen de ses victimes est de 11 ans, mais on trouve aussi un bébé d'un an ainsi qu'un patient âgé de 70 ans. Son mode opératoire était généralement le même : le chirurgien abusait de ses victimes, alors qu'elles étaient encore endormies. L'enquête a identifié 299 victimes.
"Imaginez le choc pour les familles qui apprennent que la petite, quand on l'a opérée de l'appendicite, a été violée lors de son hospitalisation", ajoute notre journaliste.
Comment a-t-il pu sévir aussi longtemps ?
C'est "la" question du procès, puisqu'en 2005, déjà, Le Scourarnec avait été condamné pour détention d'images pédopornographiques : "Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis, mais cela ne l'a pas empêché de continuer à exercer son métier".
Pourtant, certains de ses collègues avaient déjà tiré la sonnette d'alarme, mais le bourreau changeait régulièrement d'hôpital et jusqu'en 2017, rien ne l'a arrêté. À partir de cette année, on découvre qu'il a également commis un autre vil sur sa nièce : il est alors condamné à quinze ans de prison.
Actuellement, il risque vingt ans de prison. C'est la peine maximale qui peut être prononcée par une Cour criminelle, qui va se réunir pendant quatre mois à partir de lundi.