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L'abbaye de Maredsous a un nouvel abbé, le Père François. Celui-ci doit gérer une communauté ecclésiastique, mais aussi l'entreprise qu'est devenue l'abbaye au fil du temps. Comment jongle-t-il entre ses fonctions ?
Attaché aux traditions monastiques tout en étant ouvert sur le monde, c'est comme cela que le Père François se définit. Père abbé depuis à peine deux mois, il a dû renoncer à sa passion.
"Si j'ai sacrifié l'enseignement, c'est par amour pour ma communauté. Vous savez, le mot sacrifice, il faut le redécouvrir. Quand on sacrifie quelque chose par amour, ça a tout son sens", confie Père François Lear.
Mon souhait est d'avoir de nouveaux frères
Aujourd'hui, il apprend à jongler avec les défis de sa fonction : "Faire en sorte que notre tourisme puisse continuer à être un tourisme social et familial. J'y tiens beaucoup à cet aspect-là. Ce sont tous des défis qu'il faut essayer de relever. Bien sûr, mon souhait, c'est d'avoir de nouveaux frères".
Actuellement, dix-huit moines occupent l'abbaye. Une communauté âgée qu'il souhaite voir s'agrandir (et se rajeunir) dans le futur. "On ne peut pas dire qu'on se bouscule à la porte, mais je suis quelqu'un de confiant", souligne-t-il.
Distillerie, fromagerie, herboristerie... être abbé à Maredsous, c'est aussi être patron d'une PME de 200 personnes. Père François affirme ainsi avoir le souci "de donner du travail dans la région".
Père et patron en même temps est un grand écart qu'il tente de gérer au quotidien : "Le Père Abbé ne fait pas tout, mais il essaie d'être au courant de tout, et puis de donner des impulsions, de donner des encouragements".
Est-il heureux dans sa fonction ? À cette question, le Père abbé répond sans une once d'hésitation : "Oui, oui, vraiment".