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53% des enfants respirent par la bouche, selon une étude récente. Cela peut paraître anodin, mais cela a de nombreuses conséquences. Plus d'infections, un moins bon sommeil et un impact non négligeable sur le développement de la mâchoire et des cloisons nasales.
C'est un conseil que le docteur Poitoux donne fréquemment lors de ses consultations. "C'est très important qu'il dorme la bouche fermée et qu'il respire par le nez. Vous pouvez surveiller à la maison qu'il respire bien par le nez", recommande la Cheffe du service de pédiatrie au CHU HELORA, hôpital Erasme.
Moïra a justement constaté que son fils, Naël, âgé de 3 ans, respire par la bouche lorsqu'il dort. "Petite, je me suis fait opérer des végétations. Et je dormais aussi beaucoup la bouche ouverte. Donc c'est intéressant de savoir que je dois regarder ça chez lui maintenant", raconte-t-elle.
Des conséquences multiples dès le plus jeune âge
Conséquence de cette respiration buccale, des maladies à répétition, un sommeil perturbé ou encore des problèmes orthodontiques. Selon une récente étude, 53% des enfants respirent par la bouche. Certains signes doivent alerter les parents.
"On le voit parce que l'enfant est toujours avec la bouche ouverte. La nuit, il va ronfler plus facilement, il y aura plus de salive au niveau de son oreiller", explique Émilie Poitoux.
Un problème qui peut avoir des répercussions à l'âge adulte. Ce dentiste constate qu'un patient sur 20 environ a un visage très allongé avec un nez très étroit, typique des personnes qui respirent par la bouche.

"Ça engendre surtout un visage 'long face' en anglais, visage long. Parce qu'en fait il n'y a pas de développement des sinus. Parce qu’ils ne sont pas stimulés, puisque tout l'air passe par la bouche. Du coup, ils n'ont pas de raison de croître", explique Jérémie Rojat, dentiste au grand hôpital de Charleroi.
Une prise en charge nécessaire
Des patients qui présentent souvent des maux de tête fréquents, des infections à répétition. Et cela peut aussi avoir un impact sur l'état des dents.
"Comme la bouche est ouverte, il y a une respiration buccale, il y a moins de salive. La salive permet de nous défendre contre les caries. Et donc du coup effectivement les personnes ne sont plus susceptibles d'avoir les caries en bouche", poursuit Jérémie Rojat.
Pour trouver une solution, les personnes concernées par la respiration buccale se tournent vers un spécialiste ORL. Cela représente 30 % des consultations quotidiennes du docteur Lecomte. Il vérifie alors ce qui empêche le patient de respirer par le nez. Il peut y avoir une malformation de la cloison nasale, des allergies. Et principalement chez les enfants, les végétations trop volumineuses.
"Il s'agit de tissus qui se trouvent au fond du nez pour filtrer les bactéries. On arrive très vite sur la propension à avoir cette respiration buccale. Parce que là, les végétations, à la moindre infection, vont venir gonfler et obstruer les voies aériennes. Donc ça, c'est vraiment quelque chose qu'on voit tous les jours en consultation", explique Grégory Lecomte, oto-rhino-laryngologue (ORL) à la clinique Notre-dame de Grâce.
Une opération est alors pratiquée. Respirer par le nez permet de filtrer les bactéries, d'avoir un sommeil plus réparateur et une meilleure oxygénation du sang. On voit d'ailleurs de plus en plus de sportifs sur les réseaux sociaux se coller la bouche pour dormir. Une pratique malgré tout déconseillée par les professionnels de la santé, notamment en cas d'obstruction nasale soudaine.