Partager:
L'ensemble des filières concernées par la suppression dès l'an prochain des 7e années de technique de qualification ou professionnelles en Fédération Wallonie-Bruxelles disposeront toutes d'une alternative de qualité à proximité, a assuré lundi la ministre de l'Éducation Valérie Glatigny (MR).
Il y a quinze jours, lors de la présentation du cadastre de ces alternatives au parlement, six filières de formation ne disposaient toujours pas de solution de remplacement à proximité. Suite à des concertations depuis lors avec les différents pouvoirs organisateurs, les dernières solutions ont finalement été élaborées. "Des alternatives ont été trouvées pour l'ensemble des filières de 7TQ (technique de qualification) et de 7P (professionnelles), et toutes en cours du jour", a souligné lundi la ministre, lors d'un échange en commission du parlement.
Dans le cadre de son budget 2025, le gouvernement MR-Engagés a décidé pour la rentrée prochaine de fermer l'accès aux 7TQ ainsi qu'aux 7P à tous les élèves déjà diplômés de l'enseignement obligatoire et de les réorienter vers l'enseignement pour adultes ou en alternance. Deux cent dix filières de formation seront concernées, soit un total de 1.410 élèves.
Il y a quinze jours, ayant découvert le cadastre séance tenante, les députés d'opposition n'avaient pu examiner le document dans le détail ni poser aucune question. Ce lundi, ils se sont toutefois rattrapés, interrogeant la ministre plus de trois heures durant.
Point par point
L'occasion pour Mme Glatigny de répondre point par point et de réfuter les principales critiques. Non, les jeunes concernés par la réforme ne perdront pas leurs allocations familiales car ils conserveront tous plus de 17 périodes de cours hebdomadaires, condition fixée pour bénéficier des allocations. Oui, ils bénéficieront bien des mêmes titres et diplômes dans l'enseignement pour adultes que ceux qu'ils auraient eu en restant dans l'enseignement obligatoire.
Autre question sensible: le coût des études. Dans l'enseignement obligatoire, l'inscription est réputée gratuite. Mais pas dans l'enseignement pour adultes, où les droits d'inscription peuvent atteindre 250 euros. Sur ce point, la ministre Glatigny a promis lundi que tous les élèves contraints de se réorienter suite à sa réforme seraient exonérés du paiement de ces frais.
La mesure ne sera toutefois que temporaire. Elle ne s'appliquera en effet qu'aux élèves "qui sont actuellement inscrits en 4e, en 5e ou en 6e", a précisé la ministre.
Celle-ci s'est aussi voulue rassurante pour les enseignants concernés par ces fermetures. Ceux-ci seront encouragés à passer dans l'enseignement pour adultes ou vers d'autres fonctions dans l'enseignement obligatoire. Ils bénéficieront de la possibilité de travailler dans un autre réseau d'enseignement, sans perdre leur ancienneté. Quant aux personnels non-chargés de cours (éducateurs,...), ceux-ci bénéficieront d'une garantie d'emploi pendant trois ans.
La ministre déposera dans les semaines et mois à venir les textes législatifs nécessaires à tous ces changements. "Nous serons prêts pour le 26 août (date de la prochaine rentrée scolaire, ndlr)", a-t-elle promis.
L'opposition de gauche s'est montrée plus que sceptique. "Mon groupe est extrêmement inquiet et dubitatif. Nous ne voyons pas les plus-values de cette usine à gaz", a ainsi commenté Dorothée De Rodder (PS). Chez Ecolo, Bénédicte Linard a fustigé une réforme dogmatique "basée sur une vision élitiste de l'école" et qui va créer un "mastodonte de complexification administrative". "Pas une école ne soutient votre réforme!", a lancé l'ancienne ministre verte. Le PTB a déploré de son côté une réforme "mal préparée et pas nécessaire" motivée par "le choix du MR -avec le soutien hyperactif des Engagés!- en faveur d'un enseignement à deux vitesses", selon les communistes.