Début du procès de Madissone Massy, accusée d'avoir tué son fils Enzo, âgé de 9 mois, ce lundi aux Assises de Mons. Les faits ont eu lieu il y a 4 ans, en juillet 2019. Elle a tenté de faire passer cela pour un malaise, mais les médecins n'y ont pas cru. Elle risque la perpétuité.
Ce lundi, un peu avant 9h, Madissone Massy est arrivée d'elle-même, car elle comparaît libre, dans la salle des Assises à Mons. Elle semblait très émue, nous rapporte notre journaliste sur place Julien Crête. "Des larmes coulent sur son visage lorsqu'elle s'entretient avec son avocat", indique notre journaliste.
Il va vraiment y avoir une mise en danger de l'enfant
Dans ce dossier, si la thèse de l'acte volontaire est confirmée, il faudra tenter de comprendre les raisons de ce geste. Comment une maman de 26 ans à l'époque a-t-elle pu mettre fin aux jours de son propre enfant? L'argument du syndrome de Münchhausen est déjà évoqué dans ce procès. C'est une forme de maltraitance d'un enfant par un adulte afin d'attirer l'attention et la compassion sur sa propre souffrance.
Les symptômes sont d'inventer, d'exagérer ou de créer une maladie chez son enfant. Un trouble rare que nous explique Emmanuel De Becker, pédopsychiatre aux cliniques universitaires saint Luc: "Il va vraiment y avoir une mise en danger de l'enfant, qui peut aller jusqu'à la mise à mort parce que le parent va, effectivement, pour des raisons psychologiques très énigmatiques, induire une maladie au niveau de son enfant à l'insu de l'entourage et certainement des professionnels. Le parent va demander de l'aide, va habituellement passer d'un médecin à l'autre, toujours en alertant les soignants sur l'état de l'enfant. Habituellement, ce n'est pas un enfant si jeune. Le parent va, par exemple, administrer un médicament qui va rendre l'enfant malade. Les médecins vont donc tout faire pour comprendre la maladie de l'enfant, mais ne sachant pas, ignorant que c'est le parent qui induit cette maladie."
Madissone Massy remplirait une partie des critères par rapport à ce syndrome. Le couple avait déjà perdu un enfant quelques mois plus tôt.
Lecture de l'acte d'accusation
L'accusée est défendue par Me Preumont et Me Meurisse du barreau de Dinant. La partie civile est représentée par Me Fabrice Guttaduaria et Me Laura Danneau du barreau de Mons.
Le procès est présidé par Philippe Morandini, premier président de la cour d'appel. François Demoulin représente l'accusation.
Après la lecture de l'acte d'accusation par l'avocat général, la cour interrogera l'accusée. Le juge d'instruction et les experts seront auditionnés dans la journée.
Rappel des faits
Le 22 juillet 2019, un médecin de l'hôpital de Jolimont a constaté le décès d'un enfant de neuf mois, Enzo, admis en urgence à l'hôpital d'Hornu, notant que la cause de mort n'était pas naturelle.
Le parquet de Mons a dès lors ouvert une instruction et ordonné l'autopsie du bambin. Les légistes ont conclu que "l'hypothèse d'une asphyxie semble pouvoir être privilégiée comme étant à l'origine du décès".
Toutefois, un médecin a réalisé une contre-expertise à la demande de la famille, rendant d'autres conclusions, cependant contestées par un autre médecin légiste. "Il est incorrect de dire que la réanimation avec ventilation et intubation est responsable exclusive des lésions observées à l'examen anatomopathologique", écrit ce dernier.
Le personnel des deux hôpitaux qui ont pris en charge l'enfant ont déclaré que le comportement de la mère était suspect, alors que les collègues du père ont déclaré que l'enfant rencontrait des problèmes lorsque le père était au travail. L'accusée a été décrite comme très possessive avec son mari.
Admis aux urgences 11 fois en 5 mois
L'enquête révèle que l'enfant a été admis aux urgences à onze reprises entre le 8 février et le 16 juillet 2019, dans les hôpitaux d'Hornu, de Baudour, de Warquignies et de Saint-Joseph à Mons. Des experts en santé mentale évoquent un éventuel syndrome de Münchhausen par procuration, suite à la perte d'un premier enfant, quelques mois avant la naissance d'Enzo.
L'accusée a été détenue préventivement du 1er août 2019 au 17 mars 2020 et inculpée de coups et blessures ayant entraîné la mort de son fils, mineur et vulnérable, sans intention de la donner.
Le 17 mars 2020, la chambre des mises en accusation a requalifié les faits en assassinat. Un mois plus tard, l'accusée a bénéficié d'une détention sous surveillance électronique, décision prise par le juge d'instruction en raison de la pandémie. Le 10 juin 2021, la chambre des mises en accusation l'a libérée sous conditions.
stop arreté de trouver des maladies a ses gens qui maltraites leurs enfants ou leurs conjoints ils ne sont pas malade juste des enfoirés qui profite de leurs force vers des plus faibles
dominique decarnoncle