Le couronnement du roi Charles III est très médatisé et fait la Une des organismes de presse à travers le monde. Pour autant, il n'intéresse pas l'ensemble de la population britannique. 72% des Britanniques, peu motivés par ce couronnement, n'avaient aucune intention de participer à une quelconque célébration, selon un récent sondage YouGov.
Dans un Royaume-Uni en pleine crise du coût de la vie, l'événement, avec ses sceptres en or, carrosses et couronnes serties de diamants parmi les plus gros au monde, a été vécu sans grande ferveur. Le couronnement coûtera des dizaines de millions d'euros, largement payés par le contribuable. Alors que les Britanniques souffrent d'une inflation à plus de 10% depuis des mois, le palais a tenu à mettre en balance ces dépenses et "l'énorme coup de pouce" économique d'un événement historique générant "un énorme intérêt mondial".
Elizabeth II, décédée à 96 ans, était extrêmement populaire. Son couronnement en 1953, à 27 ans, avait suscité une immense liesse. Charles III, roi âgé, l'est beaucoup moins, moins apprécié notamment que William et Kate, souvent présents à ses côtés. Ils l'étaient encore vendredi après-midi lors d'un rapide bain de foule que le souverain s'est accordé devant Buckingham.
La majorité des Britanniques restent toutefois pro-monarchie, mais ce soutien s'émousse chez les jeunes. Les antimonarchistes, inexistants sous Elizabeth II, ont d'ailleurs manifesté sur le parcours, notamment à Trafalgar square. Six militants anti-monarchie ont été arrêtés samedi matin.
Quelques heures avant le couronnement, le Premier ministre Rishi Sunak a salué dans un communiqué "un moment d'extraordinaire fierté nationale", et la "constance, le dévouement et le service aux autres" de la monarchie. "C'est une fière expression de notre histoire, de notre culture et de nos traditions", a-t-il dit.
Le couronnement a pourtant relancé le débat sur l'avenir de la monarchie, notamment dans les 14 autres royaumes dont Charles III est chef d'Etat. Le Belize et la Jamaïque ont déjà fait savoir qu'ils espéraient devenir rapidement des républiques, comme l'avait fait la Barbade en 2021.
Là les britanniques ont bien raison
Alain Schmit