78 personnes se sont noyées dans le naufrage d'une embarcation de migrants au large de la péninsule du Péloponnèse, au sud-ouest de la Grèce, ont annoncé mercredi les gardes-côtes grecs dans un nouveau bilan.
L'embarcation à bord de laquelle se trouveraient "des centaines" de migrants, selon une source au sein du ministère des Migrations, a chaviré à 47 milles marins des côtes grecques, dans les eaux internationales tandis que 104 personnes ont été secourues jusqu'ici, dont quatre ont été hospitalisées dans la ville proche de Kalamata, selon la même source.
Il y avait peut-être "des centaines" de migrants dans le bateau, a dit une source au ministère des Migrations, Des images montrant de grandes tentes blanches et rouges permettant d'accueillir des naufragés dans ce port étaient diffusées par des chaînes de télévision. Aucune information n'a été donnée pour le moment sur la nationalité, le sexe et l'âge de ces personnes.
De nombreux naufrages
La Grèce a connu de nombreux naufrages d'embarcations de migrants, souvent vétustes et surchargées, mais il s'agit jusqu'ici du bilan humain le plus lourd depuis un précédent le 3 juin 2016 au cours duquel au moins 320 personnes avaient péri ou disparu. En novembre dernier, deux naufrages le même jour en mer Egée avaient fait au moins 21 morts et de nombreux disparus.
Les gardes-côtes ont précisé qu'au moment du drame de la nuit de mardi à mercredi, à 47 milles marins de Pylos, en mer Ionienne, aucune des personnes à bord du bateau de pêche, dont la nationalité n'a pas été fournie, n'était équipée d'un gilet de sauvetage. L'embarcation avait été repérée mardi après-midi par un avion de Frontex, l'Agence européenne de surveillance des frontières, mais les migrants à son bord "ont refusé toute aide", avaient affirmé dans un précédent communiqué les autorités portuaires grecques.
Outre les patrouilleurs de la police portuaire, une frégate de la marine de guerre grecque, un avion et un hélicoptère de l'armée de l'air ainsi que six bateaux qui naviguaient dans la zone participaient à cette opération de sauvetage.
44 personnes mortes noyées en Méditerranée orientale depuis le début de l'année
Selon les premières informations des autorités, l'embarcation naufragée avait appareillé de Libye à destination de l'Italie. Aux frontières extérieures de l'Union européenne en Méditerranée, la Grèce est un passage habituel pour beaucoup de ceux qui cherchent à migrer vers l'Union européenne à partir de la Turquie voisine.
De nombreux naufrages, souvent meurtriers, ont lieu en mer Egée tandis que la Grèce est régulièrement accusée par des ONG et des médias de refouler des migrants, en quête d'asile dans l'UE.
Outre cet itinéraire, ces personnes tentent également de passer directement en Italie en traversant la Méditerranée au sud du Péloponnèse ou de l'île de Crète. Depuis le début de l'année, 44 personnes sont mortes noyées en Méditerranée orientale, d'après l'Organisation internationale des Migrations (OIM). L'an dernier, le nombre des personnes ayant ainsi péri s'est élevé à 372.
La Grèce va observer trois jours de deuil après le naufrage mercredi d'un bateau de migrants en mer Ionienne qui pourrait avoir fait des centaines de morts, ont annoncé les services du Premier ministre par intérim. Les gardes côtes ont annoncé avoir repêché 79 corps, et sauvé une centaine de personnes, mais les rescapés ont déclaré que près de 750 personnes étaient à bord.
Mercredi, un voilier en difficulté avec 80 migrants à son bord naviguant au large de la Crète a également été secouru et remorqué par des patrouilleurs des gardes-côtes jusqu'à Kaloi Limenes dans le sud de cette île, selon la police portuaire grecque.
En campagne électorale en vue des législatives du 25 juin, l'ancien Premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, a décidé d'annuler un rassemblement électoral prévu pour la fin de journée à Patras, le grand port de cette région du Péloponnèse, a annoncé son parti Nouvelle Démocratie (ND). Ce responsable politique, qui a mené pendant ses quatre années à la tête du gouvernement une politique très dure en matière migratoire, s'est également entretenu au téléphone avec le Premier ministre par intérim, Ioannis Sarmas.
Qu'attend la commission européenne pour fermer les frontières extérieures comme ça ils ne tenteront plus de passer
Alain Schmit