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Près d’un Belge sur 3 ne fait plus confiance aux vaccins: quels sont les risques?

Un nouveau rapport de l’UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, sur la vaccination indique qu’en trois ans, 67 millions d’enfants ont été privés d’un ou de plusieurs vaccins entre 2019 et 2021 en raison des perturbations induites par la pandémie, notamment la surcharge des systèmes de santé mais aussi du fait des conflits et d’une perte de confiance à l’égard de la vaccination.

Pendant la pandémie de COVID-19, la perception de l’importance de la vaccination infantile a diminué chez les habitants de 52 des 55 pays à l’étude. Selon l’Unicef, ce sont les polémiques autour du vaccin anti-covid qui ont alimenté la défiance envers les vaccins en général.

L'enjeu: prévenir la recrudescence de maladies mortelles

Dans la plupart des pays, y compris en Belgique, après le début de la pandémie, ce sont les moins de 35 ans et les femmes qui sont les moins convaincus de l’importance de faire vacciner les enfants.

La vaccination continue de remporter un soutien important en dépit des baisses observées. Dans presque la moitié des 55 pays étudiés, plus de 80 % des personnes interrogées ont en effet jugé qu’il était important de faire vacciner les enfants. 

En 2022, le nombre total de cas de rougeole a plus que doublé

Il est urgent de rattraper les retards pour prévenir des flambées épidémiques de maladies mortelles. En 2022, par exemple, le nombre total de cas de rougeole a plus que doublé par rapport à l’année précédente, tandis que le nombre d’enfants paralysés après avoir contracté la poliomyélite a augmenté de 16 % sur la même période. 

En Belgique aussi, la confiance dans les vaccins a chuté après la pandémie de COVID-19, passant de 87,3 % à 71,9 %. Fait remarquable, la confiance dans les vaccins dans les groupes d'âge plus jeunes (<35 ans) a diminué de façon spectaculaire (passant de 84,6 % avant la pandémie à 61,7 % après la pandémie), alors que dans les groupes d'âge plus âgés (> 65 ans), elle a augmenté (passant de 88,6 % avant la pandémie à 91,4 % après).

Le déclin de la confiance dans la vaccination est plus marqué chez les femmes (passant de 88 % avant la pandémie à 68,7 % après) que chez les hommes (86,5 % avant la pandémie et 75,4 % après). L'augmentation générale du scepticisme à l'égard de la vaccination infantile dans notre pays reste préoccupante.

"Les jeunes sont beaucoup plus exposés à tout ce qui circule au niveau de l'information, validée ou non validée. On doit trouver un moyen de mieux communiquer avec la jeune population", explique Pierre Van Damme, épidémiologiste à l'Université d'Anvers. 

"Les effets secondaires, c'est vraiment un peu de fièvre, un peu mal dans le bras. Il n'y a vraiment pas de quoi avoir un mot d'excuse pour ne pas aller travailler. Il y a un cas sur un million avec des conséquences un peu plus graves. Mais votre médecin est là pour vous informer, pour s'assurer que ça se passe bien", indique Lara Kotlar, la porte-parole de l'Aviq (l'Agence wallonne pour une vie de qualité). 

 

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